jeudi 15 avril 2010

Acte de désobéissance civile ou vulgaire canular?

"Je ne suis pas un homme dangereux. Mais voilà, il faut maintenant que les élus se mettent au travail. Y en a marre ! Qu'ils travaillent !" s'est expliqué Albert Chrétien, le retraité de 72 ans auteur de la fausse alerte à la bombe à l'APF ce mardi. Jugé en comparution immédiate, il a été condamné à 6 mois de prison avec sursis. Le procureur a fait appel de la décision (il avait requis un an dont un mois ferme et onze avec sursis).

Sur les blogs, on voit de plus en plus de commentaires de gens qui disent en substance : « il a eu le courage de faire ce que beaucoup n’ont pas eu le courage de faire ».

Peut-on admettre que des citoyens - même avec les motivations éthiques les plus respectables qui soient - organisent des actions illégales en vue de modifier les comportements politiques qu'ils réprouvent ? Si tout le monde en faisait autant, où irait-on ?

La question qu'on peut se poser, c'est: S'agit-il un acte de désobéissance civile destiné à sensibiliser l'opinion publique et la classe politique ou est-ce un vulgaire canular pour foutre la pagaille ?

Qu’est-ce que la désobéissance civile ?

Christian Mellon en donne la définition dans la revue « Alternatives Non Violentes » :
La désobéissance civile est une forme d'action non-violente par laquelle des citoyens, ouvertement et délibérément, transgressent de manière concertée la loi, dans le but d'exercer soit directement soit indirectement (par l'appel à l'opinion publique) une pression sur le pouvoir politique.

La désobéissance civile est-elle acceptable dans une démocratie ?


Aucun régime n'est parfaitement démocratique, dit Christian Mellon. On sait bien que certaines décisions, prises par des élus dans les formes apparemment légales, résultent en fait de jeux d'influences occultes qui n'ont rien à voir avec l'intérêt général… Des citoyens, par des actes de désobéissance civile, estiment de leur devoir de faire une sorte d'appel à l'opinion publique, sans attendre les prochaines élections. Loin d'être l'apologie anarchisante du " chacun sa loi ", une telle désobéissance civile est alors un moyen pédagogique, limité dans le temps et dans son objet, visant à susciter un débat public sur une question grave et urgente. Loin de contester la démocratie, elle vise à la défendre en la protégeant de ses propres dysfonctionnements.

Selon vous, la fausse alerte à la bombe était-elle un acte de désobéissance civile destiné à sensibiliser l'opinion publique et la classe politique ou un vulgaire canular pour foutre la pagaille ?

Votez en bas de page

Lire l'interview d'Albert Chrétien dans les Nouvelles en ligne.

PS Tahiti Référendum ne soutient pas cet acte de fausse alerte à la bombe. Nous faisons confiance à la justice pour rendre un jugement équitable.

2 commentaires:

Collectif a dit…

Ia ora na,

la désobéissance civile n'est-elle pas une obligation et donc acceptable dans une démocratie qui se veut protéger l'avenir de l'humanité pour ne pas la laisser dans les mains de quelques fous?
Le passé de l'humanité en est la preuve. Nous ne voulons plus d'Hitler, nous ne voulons plus d'Hiroshima et de Moruroa... non ? enfin je crois que je peux dire NOUS NE VOULONS PLUS DE LA CORRUPTION POLITIQUE, DES MACHINATIONS POUR AFFAIBLIR ENCORE ET ENCORE LA POPULATION AFIN DE FORMER UNE "ELITE PUISSANTE"

isa

NL. Taram a dit…

Ia ora na Collectif,

A lire : «La Désobéissance civile», Henry David Thoreau,1849.
Le début :
J'accepte de tout cœur la devise suivante : « Le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins » et j'aimerais la voir suivie d'effet plus rapidement et plus systématiquement. Exécutée, elle se résume à ceci, que je crois aussi : « Le meilleur gouvernement est celui qui ne gouverne pas du tout » ; et quand les hommes y seront prêts, tel sera le genre de gouvernement qu'ils auront. Un gouvernement, au mieux, n'est qu'un expédient ; mais la plupart d'entre eux sont d'habitude, et tous les gouvernements sont quelquefois nuisibles. Les mêmes objections qu'on a opposées à une armée permanente — elles sont nombreuses et de poids et méritent de l'emporter peuvent en dernier ressort être opposées à un gouvernement permanent. L'armée de métier n'est qu'un bras du gouvernement de métier. Ce dernier lui-même, qui n'est que le moyen choisi par un peuple pour exécuter sa volonté, est également susceptible d'être trompé et perverti avant que le peuple puisse agir par son truchement. En témoigne la guerre actuelle du Mexique, l'œuvre d'un nombre relativement restreint d'individus qui se servent du gouvernement permanent comme d'un outil personnel ; car le peuple n'aurait pas consenti à cette mesure au début.

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