mardi 25 mai 2010

Charte de bonne conduite des élus? Désolé, ça va pas être possible...

Suite à notre publication d'une charte de bonne conduite des élus, un juriste travaillant à l'Assemblée de Polynésie pour l'un des principaux partis nous donne son analyse.

"Ce n'est bien sûr qu'un point de vue, dit-il, parfois volontairement orienté pour me faire en quelque sorte "l'avocat du diable" et amener ainsi de l'eau au moulin de cette grande réflexion qu'est: comment changer la politique locale."

On peut regretter que la plupart de ses arguments aillent dans le sens de "ces mesures anti gabegie ne sont pas applicables parce que..." alors qu'on aurait préféré entendre "effectivement, il faut des mesures radicales urgentes car voici les maversations dont j'ai été témoin..." Je caricature, bien sûr.
Un éclairage en tout cas plus "politicien" et modéré pour tempérer notre approche plus "citoyenne" et idéaliste.
Matière à réflexion, certainement, pour trouver un terrain d'entente entre immobilisme et révolution.


1. Le nombre des représentants et des ministres, ainsi que le personnel de chaque ministère doit être réduit.

Pourquoi pas mais, au-delà de la quantité, c’est de la qualité dont il faut parler. Un ministre qui cumule 5 à 6 portefeuilles ne pourra pas forcément se satisfaire de 3 conseillers… Prenons l’exemple de T. RHOFRITSCH : les énergies renouvelables n’ont rien à voir avec les technologies de la communication ni avec les théories de reconversion économique… Ajouter à cela au moins un dircab, une secrétaire et un chargé de com, on a déjà passé les 6 personnes !

2. Les candidats doivent avoir un casier judiciaire vierge.

Cela n’existe pas en France ni, à ma connaissance, dans aucun grand pays. Ne soyons pas plus royaliste que le roi et ne gardons les pieds sur terre : la gestion publique engendre des risques juridiques et judiciaires incontournables. Il suffit de connaître l’évolution du droit des collectivités territoriales au niveau des communes par exemple pour comprendre la situation. Même un maire de bonne foi risque très souvent de se fait accuser de gestion de fait, de prise illégale d’intérêt… Quant à sa responsabilité pénale, il jongle avec quotidiennement !!

En revanche, revoir les règles d’inéligibilité, pourquoi pas. Prévoir par exemple que ne peut se présenter à une élection une personne ayant illégalement et intentionnellement manié des fonds publics pour son intérêt personnel notoire.

3. Les élus condamnés en première instance doivent démissionner de leur mandat en attendant la décision finale de la justice.

Voir ma remarque ci-dessus.

4. Les indemnités de chômage des ministres et des membres de leur cabinet doivent être supprimées.

N’oublions pas quand même que le métier d’agent de cabinet ou de collaborateur à l’assemblée est très précaire. Du jour au lendemain on peut se retrouver sans emploi et tout le monde n’est pas fonctionnaire ! C’est parce qu’il importe d’assurer un minimum de sécurité à l’emploi pour attirer des personnes compétentes (allez dire à un Bac+5 qu’il sera embauché pour un salaire de misère et qu’il peut se retrouver à la rue du jour au lendemain, même le plus vertueux y réfléchira à deux fois avant de s’engager !!).

Bien sûr, en comparaison des employés qui se retrouvent au chômage cela paraît injuste mais il faut comparer ce qui est comparable. Supprimer les indemnités ne rendra pas leur travail aux chômeurs.

Par contre, réduire ces indemnités en ces temps de crise au titre de la solidarité, bien sûr !

5. En cas de changement de camp, un élu doit remettre son mandat en jeu.


Malheureusement, la Constitution française (article 21) interdit le mandat impératif. Si l’élu n’est pas prioritaire de sa voix (on parle bien de mandat, il agit donc pour le compte des électeurs), il en dispose librement.

Lorsqu’il entre à l’assemblée, il ne représente pas seulement les électeurs de sa circonscription mais tous les citoyens de la collectivité (y compris les abstentionnistes !!!).

Tant que la Constitution ne change pas, cette mesure (à l’image du Recall à l’américaine) ne pourra s’appliquer.

Petit aparté : la loi ne peut pas prévoir tous les comportements. Elle est rédigée selon un comportement jugé standard (le fameux « bon père de famille »). Sans quoi on se retrouverait avec des textes de plusieurs milliers de pages ! Et quand bien même, certains trouveraient encore des failles dans ces textes devenus quasi-inapplicables !! Ce ne sont pas les textes qui sont en cause mais bien les personnes, aussi attention aux réformes contextuelles !!!

6. Interdiction pour les élus d'engager des membres de leur famille.

La Polynésie est minuscule, tout le monde est fetii à plus ou moins x degrés. Ce n’est pas tant le problème de recruter un membre de sa famille (les entreprises le font bien !!!), mais c’est recruter un membre de sa famille incompétent et qui ne travaillera pas du tout qui est condamnable.

Si la personne est diplômée et assidue, ce serait discriminant que de lui refuser un poste !

A ce sujet, lorsqu’un élu recrute un membre de sa famille en ligne directe, cette personne ne peut se voir payée au-delà de la moitié du crédit collaborateur de l’élu (soit environ 580 000 Francs divisé par 2, charges comprises).

7. Les indemnités des élus doivent être réduites.


Pourquoi pas. C’est vrai qu’actuellement, il faudrait faire un geste dans ce genre envers la population. Même si ce n’est pas ça qui résoudra les problèmes du budget.

Mais là encore, attention aux mesures « démagogiques ». Lorsque l’on voit, de l’extérieur des élus qui donnent l’impression de ne rien faire, il est certain qu’on estime être mal payé.

Mais lorsque l’on regarde de plus près les élus qui prennent vraiment à cœur leurs fonctions, il est clair que la paie est justifiée : entre la préparation des dossiers de commission et de séance, les commissions et séances proprement dites (qui peuvent durer jusque tard dans la nuit), les conseils d’administrations des établissements publics, SEM et autre commissions (DARSE, TDL…), les réunions de parti et le travail sur le terrain (associations, invitations diverses, rencontre de la population) c’est quasiment un travail 7j/7 et pour plus de 8h par jour. Qui accepterait une telle charge avec une mise sur la scène publique (souvent rabaissante) permanente pour le SMIG ?

8. Les voitures de fonction pour les élus doivent soit être supprimées soit être de petites voitures, genre Twingo, sans chauffeur.

Les élus n’ont pas de voitures de fonctions. Actuellement l’assemblée dispose d’un parc de véhicules de services (ne pas confondre véhicule de service et véhicule de fonction) attribués aux seuls groupes politiques (et donc à l’usage collectif dans le cadre de leurs fonctions des élus et collaborateurs du groupes) et au président de l’APF. Auparavant, les présidents de commission disposaient d’un véhicule mais cela leur a été supprimé.

Le parc actuel se compose de Hyundai TUCSON ancien modèle choisit pour leur prix mais également leurs caractéristiques techniques (dont l’impact sur l’environnement : émissions CO2).

9. Les représentants s'interdisent toute utilisation des moyens publics mis à leur disposition par l'Assemblée à des fins personnelles, non seulement des véhicules et du personnel mais aussi des moyens de communication et diverses fournitures.

A définir ce qu’on entend par « à des fins personnelles ». Mais à part le vini pris en charge (pour lequel il peut certes y avoir des abus, tous les moyens conférés aux élus par l’APF le sont dans le cadre du bâtiment de l’assemblée.

Pour ce qui est du personnel, les choses s’arrangent petit à petit car une enquête à cet effet est en cours par la Gendarmerie.

10. Les billets d'avions pour les élus, en cas de missions de travail, doivent être en classe économique. S'ils veulent voyager en classe affaire ou en première, ils doivent payer la différence.

Pourquoi pas !! C’est d’ailleurs ce que vient de décider le gouvernement britannique dans le cadre de son plan de rigueur. S’ils peuvent le faire, a fortiori nous !!

11. Les logements de fonction pour les élus doivent être supprimés

Il n’y en a pas pour les élus.

Pour les ministres, ils sont (en principe) réservés à ceux qui, initialement, résident dans les îles.

12. Programme: les candidats doivent présenter des projets concrets, chiffrés, avec des dates d'achèvement.

Pourquoi pas. Cela dit, il faudrait être sacrément fort pour savoir quand un chantier va s’achever.

Rien n’empêche de donner des délais pour démarrer les programmes des politiques publiques avec un point de situation tous les x temps.

13. Le gouvernement doit publier régulièrement l'état d'avancement de chaque projet prévu dans son programme.

14.  Les représentants doivent rester fidèles à leurs engagements pris pendant la campagne électorale, aussi bien dans la réalisation du programme de sa liste qu'au niveau des alliances de partis.

Voir ma remarque au point 5. Tant que rien ne les y contraindra, ils pourront toujours s’y engager !!!

Quant aux engagements du programme, tenons compte malgré tout des aléas et impondérables induits logiquement dans la gestion d’un pays. L’évolution de la société impose parfois des recadrages.

15. Les ministres doivent prouver leurs qualifications pour leur ministère

Il est un fait avéré qu’un ministre spécialiste de son secteur n’est pas forcément le plus adapté à la fonction. Un bon médecin ne sera pas forcément un bon ministre de la santé, de même pour un bon chef d’entreprise qui ne sera pas forcément un bon ministre de l’économie…

En France, le professeur MATEI a été un des pires ministres de la santé, Luc FERRY à l’éducation n’a pas laissé une empreinte indélébile !! Et il ne me semble pas qu’on n’ait jamais mis un général en tant que ministre de la défense.

Un bon ministre doit avant être une personnalité charismatique qui sait bien s’entourer et qui, avec un minimum d’intelligence et de bon sens, sait trancher rapidement et efficacement sur les dossiers.

Pour mémoire, Pierre BEREGOVOY, qui fut un bon premier ministre, était chaudronnier à la SNCF !!!

16. La publication du patrimoine familial pour tous les candidats, le réel bien sur avec les sociétés écrans, les parts d'actions dans telle ou telle entreprises etc.


Nous ne sommes pas non plus dans un grand Etat avec des montages de sociétés impressionnants. La Polynésie ce n’est pas Cosa Nostra même si certains politiques savent s’y prendre pour diluer leur patrimoine dans des SCI. Mais c’est le cas d’une minuscule minorité.

Actuellement, le statut oblige, en début et en fin de mandat à une déclaration de patrimoine très précise et contrôle (avec en pièce jointe notamment un relevé d’hypothèques…). Le tout étant transmis au haut-commissariat.

En plus, une déclaration sur l’honneur (contrôlée) de toutes les fonctions occupées est transmis dans les 30 jours de la prise de fonction.

17. Pas de cumul des mandats (exemple maire + représentant à l'APF).

Pourquoi ? Qu’est-ce qui empêcherait un maire d’être représentant.

Je vous invite à lire le dernier livre de Jean-François COPE qui a une analyse tout à fait pertinente sur le sujet.

Un élu de l’Assemblée Nationale (et donc par analogie de l’APF) doit être auprès de ses électeurs. Or un maire connaît au quotidien la réalité du terrain, il rencontre chaque jour ses administrés et peut donc ensuite relayer les idées et problématiques à l’APF.

Et quand on connaît les indemnités d’un maire, il ne me semble pas que l’on puisse parler d’enrichissement complémentaire…

18. Pas plus de 2 mandats successifs.

Selon quelle logique : 2 mandats puis une pause puis possibilité de se représenter (ainsi que cela se fait pour le président des USA) ou deux mandats et terminé ? Cela me semblerait quand même très restrictif voir comme une privation d’un droit fondamental en démocratie !

19. Supprimer ou privatiser les officines inutiles qui ne servent qu'à planquer les copains (TEP, CCISM, SAGEP, TNTV, TNT, Maison de la Perle, Tahiti Rava'ai, etc.)... 

L’audit qui vient d’être réalisé par l’IGF nous dira s’il faut ou pas supprimer ces SEM.

Mais après, que faire de tous ces salariés ? Copains ou non (ce n’est pas non plus une règle d’or, attention aux caricatures), ces gens là ont droit à un emploi et ne doivent pas faire les frais de la rancœur citoyenne.

Pour conclure, bien que la situation perdure et que l’on ait du mal à en sortir, ne tombons pas dans des raccourcis et des réactions épidermiques à court terme.

La loi et la vie institutionnelle doit être dictée selon des impératifs de long terme et il ne faut pas confondre les institutions, la fonction d’élu avec les personnalités des uns ou des autres. Ce serait salir ce qui fait les fondements de la démocratie.

La solution n’est pas uniquement dans ce type de mesure. Il faut également que les électeurs changent. Il suffit de voir les réactions de la population dans certains archipels face aux comportements de leurs élus pour comprendre que la méthode de pensée démocratique n’est pas présente dans tous les esprits.

Pour que ça change il faut que la population change et il faut que celle qui est consciente de la problématique s’engage en politique.

Qu’elle fonde ses propres partis ou intègre les partis existants, tant que les gens à peu près intègres et compétents ne se mobilisent pas, la nature ayant horreur du vide, les autres prendront la place !

Enfin, pour ce qui est d’un idéal de gestion non corrompue et parfaitement désintéressée, je pense que ce n’est qu’une utopie. Et en cela, je t’invite à compulser l’excellent ouvrage de Gaspard KOENIG intitulé « les discrètes vertus de la corruption » pour comprendre mon propos.

En ce qui me concerne, j'essaie du mieux que je peux de garder ma liberté de parole et de pensée au sein de mon parti. J'espère qu'à force, en gravissant les échelons j'arriverai à porter un message nouveau et efficace qui permettra d'aider un peu le pays. Mais ce genre d'action solitaire ne porte pas tant que personne ne le soutient en masse...

Sur ce bon courage à toi et félicitations pour le travail réalisé sur ton site.

Philippe Lemonnier

ndlr: Comme l'auteur de l'article s'appelle Philippe comme moi, je tiens à préciser que cette analyse n'est pas de moi. C'est un courier de lecteur, que je remercie d'ailleurs pour sa contribution.

10 commentaires:

Phil a dit…

Ce que préconisaient déjà les Etats Généraux:

- Responsabiliser la classe politique et exiger qualification et expertise.
Il serait souhaitable que nos élus suivent des formations juridiques. Il faudrait que leurs conseillers ait un diplôme de 2ème cycle. De même que les membres du gouvernement qui devraient avoir les qualifications intellectuelles et les expertises appropriées.

- Limiter le cumul et le renouvellment des mandats.
La défense de l’intérêt général commande une protection de tout responsable politique contre la tentation de considérer son mandat comme un statut qui ne saurait être remis en cause. La politique ne doit pas être un métier mais un engagement pour le bien public.

- Obligation de résultat et contrôle.
La recherche de l’efficacité doit absolument guider la gouvernance de notre pays et s’orienter vers une logique de résultat. définition d’objectifs clairs et précis dans les politiques publiques (santé, éducation, tourisme,…) ; dépolitisation de l’administration (…). Au plan politique, les ministres pourraient engager individuellement leur responsabilité en justifiant leurs politiques devant l’assemblée. L’efficacité de nos institutions –politiques, publiques et parapubliques– pourrait être contrôlée par des agences de régulation.

Anonyme a dit…

la supression de indem. chomage des politiques"ne rendra pas le travail aux chomeurs" c'est sur mais il est question d'equite,il y a des gens diplomes et competants qui n'ont pas de travail il sont dans la logique de nos gouvernats "marche ou creve" et il n'ont pas la chance d'appartenir a la caste dominante pour esperer en trouver un
en temps de crise, il est scnadaleur que les "privilegies" profitent d'avantages sociaux au detriment de la majorite
les emplois precaires sont surtout le lot des jeunes, des pauvres , votre argument me scandalise
suprimer les indemites chomages (ça fera un apport concequent pour l'econnomie ou élargissait la à tous

Phil a dit…

Comme l'auteur de l'article s'appelle Philippe comme moi, je tiens à préciser que cette analyse n'est pas de moi. C'est un courier de lecteur.

Taram a dit…

Ia ora na outou,
Commentaires sur l’analyse de Philippe Lemonnier par un citoyen lambda qui n’est pas juriste mais vieux routier de la vie et de la politique en particulier :

1. Le nombre des représentants et des ministres, ainsi que le personnel de chaque ministère doit être réduit.
Pour les représentants, j’en ai proposé 47 qui me parait le meilleur chiffre. Il est souhaitable pour des questions de majorité et d’efficacité de ne pas descendre en-dessous de 41.
Pour les ministres, je suis assez d’accord avec Philippe Lemonnier. Toutefois je pense que l’on pourrait supprimer des ministères inutiles, les services déjà existant peuvent fonctionner et communiquer directement avec les commissions de l’AP, d’autant que ces commissions sont constituées d’élus qui peuvent être assistées de spécialistes compétents.
2. Les candidats doivent avoir un casier judiciaire vierge.
D’accord avec PL, cela serait contraire au droit de l’homme. Un individu condamné qui a accomplit sa peine, retrouve tous ces droits.
3. Les élus condamnés en première instance doivent démissionner de leur mandat en attendant la décision finale de la justice.
Il est impossible de réduire les droits d’un individu tant qu’il n’est pas définitivement condamné.
4. Les indemnités de chômage des ministres et des membres de leur cabinet doivent être supprimées.
Les indemnités de chômage n’existe nt pas en Polynésie, il faut donc parler de « prime de licenciement ». D’accord avec PL, sous réserve de plafonner cette prime et qu’elle soit réservée à ceux qui ne retrouvent pas un emploi à l’issue de leur contrat (ce qui d’ailleurs est le cas actuellement)
5. En cas de changement de camp, un élu doit remettre son mandat en jeu.
Comme je l’ai déjà écrit par ailleurs : IMPOSSIBLE !!!
Si un texte prévoyait la démission d’office, le représentant ne changerait pas de groupe mais voterait contre l’avis de son groupe. Nous nous retrouverions avec un gouvernement sans majorité (cela ne vous rappelle pas quelque chose ?)
6. Interdiction pour les élus d'engager des membres de leur famille.
D’accord avec PL, pas de solution en vue. Sinon, ne plus voter pour un élu qui aura engagé un fetii incompétent pour des raisons de fric uniquement…
7. Les indemnités des élus doivent être réduites.
D’accord avec PL, voir à la baisse mais sans décourager les compétents…
8. Les voitures de fonction pour les élus doivent soit être supprimées soit être de petites voitures, genre Twingo, sans chauffeur.
OK, à surveiller de près et dénoncer tout les abus… Cela devrait être de la responsabilité du président de l’AP.
9. Les représentants s'interdisent toute utilisation des moyens publics mis à leur disposition par l'Assemblée à des fins personnelles, non seulement des véhicules et du personnel mais aussi des moyens de communication et diverses fournitures.
OK, à surveiller de près et dénoncer tout les abus… Cela devrait être de la responsabilité du président de l’AP.
à suivre.....

Taram a dit…

...suite
10. Les billets d'avions pour les élus, en cas de missions de travail, doivent être en classe économique. S'ils veulent voyager en classe affaire ou en première, ils doivent payer la différence.
Oui, les surclassements devraient être exceptionnels et motivés (santé, déplacements de courte durée où l’intéressé doit être en « état » dès son arrivée)
11. Les logements de fonction pour les élus doivent être supprimés
OK, j’ai noté le « en principe » de PL…
12. Programme: les candidats doivent présenter des projets concrets, chiffrés, avec des dates d'achèvement.
Les candidats présentent leurs projets (document joint au bulletin de vote), mais généralement ne sont pas chiffrés… Peut-on l’imposer ?
13. Le gouvernement doit publier régulièrement l'état d'avancement de chaque projet prévu dans son programme.
Je viens de relire la profession de foi d’un parti actuellement au pouvoir, il y a de quoi se marrer…
14. Les représentants doivent rester fidèles à leurs engagements pris pendant la campagne électorale, aussi bien dans la réalisation du programme de sa liste qu'au niveau des alliances de partis.
Wouaaf, wouaaf ! à l’époque de mon mentor, Jean Paul Marat, ils avaient trouvé une solution pour ceux qui ne restaient pas fidèles à leurs engagements… Mais on n’en est pas encore là, heureusement !
Et puis, comme l’écrit PL, il y a les aléas et impondérables.
15. Les ministres doivent prouver leurs qualifications pour leur ministère
D’accord avec PL… De plus les ministres étant nommés par le président, c’est lui qui est responsable de leur travail. Enfin, comme je le propose à la question 1, certains ministères peuvent être supprimés. Et pourquoi pas tous, les commissions de l’AP (pouvoir législatif) travailleraient directement avec les services.
16. La publication du patrimoine familial pour tous les candidats, le réel bien sur avec les sociétés écrans, les parts d'actions dans telle ou telle entreprises etc.
D’accord avec PL
17. Pas de cumul des mandats (exemple maire + représentant à l'APF).
Compte tenu de notre petite population, je ne suis pas convaincu par les arguments de PL… ni par ceux de JF COPE (lol). Donc, ou maire, ou représentant afin d’éviter le système « féodal » que nous trouvons dans les archipels à faible population.
18. Pas plus de 2 mandats successifs.
Entièrement d’accord avec PL. Ce travail demande beaucoup de compétences qui ne s’apprennent pas sur les bancs du lycée… donc l’ancienneté est un atout (surveiller quand même les anciens pour éviter les dérives)
19. Supprimer ou privatiser les officines inutiles qui ne servent qu'à planquer les copains (TEP, CCISM, SAGEP, TNTV, TNT, Maison de la Perle, Tahiti Rava'ai, etc.)...
Privatiser les SEM qui ne sont pas d’intérêt public… oui !
Supprimer ? pourquoi, à moins qu’une Sem soit inutile.

Merci à Philippe Lemonnier pour son analyse précise, voilà qui nous change des commentaires peu constructifs de certains internautes (voire débiles).

Anonyme a dit…

Philippe Lemonnier a dit: J'ai apprécié ton propos introductif. Fort heureusement pour moi je n'ai pas encore eu à vivre de "malversations"!!! Quelques dérapages mais qui n'en feraient pas, tous ne sont pas bien au fait de la loi.

Pour ce qui est de notre groupe, et pour alimenter ton commentaire sur les collaborateurs des élus. Sache que, pour ce qui est de notre groupe, nous sommes 4 collaborateurs (3 femmes, un homme, nous vivons la parité à 200%!!!!):
- une secrétaire,
- deux conseillères techniques (dont une faisant également office de RH et comptable)
- moi-même polyvalent (conseiller technique, communication, gestion politique...)

Sur ces quatres personnes, la secrétaire est bac +2 et les deux conseillères techniques sont bac +4. Pour ce qui me concerne, je suis pour le moment bac+5, j'entame ma thèse l'an prochain.

Comme quoi, petit à petit, les mentalités évoluent... Alors bien sûr, pour le service personnel des élus, les niveaux scolaires sont moins élevés (en moyenne niveau bac minimum : bac pro, quelques bts ou parfois CAP BEP pour certains).

Pour les autres groupes (car après tout nous ne sommes pas forcément les plus vertueux) les choses évoluent dans le même sens également et, petit à petit, les groupes embauchent des diplômés, souvent des jeunes d'ailleurs (la moyenne d'âge des collaborateurs ne doit même pas atteindre les 30 ans).

Au final, je pense très sincèrement qu'il faut distinguer au sein de l'APF les élus qu'on voit souvent à la télé (flosse, temaru, yip et autre kalins) qui gardent de vieilles et terribles habitudes, et ceux que l'on voit moins qui eux essaient de faire les choses différemment. Alors si on devait leur faire un reproche ce serait celui de ne pas assez appuyer pour que ça change, ne pas assez "l'ouvrir" pour dénoncer les attitudes de leurs collègues. C'est pas faut de les y pousser...

Même s'il est vrai que le contexte actuel pousse à agir vite, je pense très sincèrement que c'est le changement de génération qui permettra un vrai changement de mentalité. A vouloir changer radicalement une société on aboutit à une révolution, ce n'est pas forcément une bonne solution...

En tout cas je serai tout à ravi et disposé à apporter mes analyses et contributions régulières à ton site qui est, à mon avis, une très bonne initiative citoyenne.

Pour conclure je dirai: soyons idéalistes, pas utopistes... ;)

Phil a dit…

Mettre fin à leurs capacités de nuisance [des politiciens en place] est une nécessité vitale, un impératif de survie. Et il n'y a qu'une manière d'y arriver, c'est de barrer leurs noms sur les listes des bulletins électoraux qui nous seront proposés. Car ils se représenteront comme d'habitude, inconscients, insolents et sans vergogne. A nous d'en persuader le législateur.
Extrait du billet de Simone Grand dans le dernier Tahiti Pacifique (mai 2010)

Taram a dit…

Bonjour Phil,
« … barrer leurs noms sur les listes », tu sais bien que cela est impossible pour plusieurs raisons :
- c’est contraire au système démocratique de ce genre d’élection (on ne peut pas comparer une région à une petite commune de moins de 3.000 habitants),
- si on l’appliquait, malgré tout, le dépouillement serait fastidieux, de nombreux bulletins seraient annulés parce qu’illisible et ce serait la porte ouverte à toutes les magouilles (avec de nombreuses réclamations),
- cela n’empêcherait pas les électeurs de rayer des noms de candidats compétents pour les remplacer par des fetii ou amis, car nous avons les élus que nous méritons.
La constitution de la liste doit rester de la responsabilité de la tête de liste, c’est lui qui devra éventuellement gouverner avec les élus qu’il aura choisis. Si l’un d’eux est incompétent ou trahi son électorat, la tête de liste en est seul responsable.
Il ne faut pas juger les élus actuels dans leur ensemble. Certains sont compétents, travailleurs, honnêtes et bien assistés et puis il y a les autres : les fidèles mais incompétents (« potiches » au masculin et au féminin) et quelques uns très intelligents et compétents mais qui ne sont là que pour leur propre intérêt….
Comment se débarrasser de ces derniers ? J’avoue que dans toutes les propositions de système électoral, je n’ai pas trouvé de solution… Je crois que nous ne sommes pas les seuls à avoir ce problème qui est d’autant plus handicapant que le nombre d’élus est restreint.

Anonyme a dit…

Question nouveau boss d'ATN, prenez le meilleur candidat du monde et imposez lui de garder l'équipe de bras cassés qui constitue la direction de l'entreprise et vous obtiendrez le résultat attendu ....

teipo a dit…

TAHITITOMORROW, j'ai entendu des rumeurs persistantes de reprises du site de la désormais célébre Momie . Pourquoi pas un sondage à ce sujet

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