samedi 27 novembre 2010

Les braconniers sont en campagne... qui les arrêtera ?

Les citoyens devraient-ils être impliqués dans un plan de vigilance ?

Les partisans de la réouverture de la pêche à la tortue sont en campagne pour faire avaler la pilule à une population dans sa grande majorité contre ce projet. Qui se lèvera pour s'opposer à leurs manoeuvres ! Pour le moment, pas grand monde... ou plutôt si, mais chacun dans son coin. Pour être efficaces, il faudrait qu'ils parlent d'une seule voix.

Michel Arakino, pêcheur de tortues des Tuamotu qui a déclaré publiquement lors d'une interview sur TNTV qu'il consommait régulièrement de la viande de tortue avance plusieurs arguments:
- que c'est une coutume polynésienne
- que cette coutume ne devrait pas être illégale en vertu du "droit à l'alimentation des peuples autochtones" voté par l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)
- qu'il faut ouvrir un grand débat sur le sujet

En réalité chacun sait que seuls les arii (rois) avaient le droit de manger la viande de cet animal tabu pour le reste de la population. Cette tradition ne mettait donc nullement en péril la survie de l'espèce comme c'est le cas aujourd'hui.
Quant au "droit à l'alimentation des peuples autochtones" que brandit M. Arakino, il s'inscrit dans un programme de lutte contre la faim, alors que la consommation de viande de tortue est en Polynésie plutôt un luxe (entre 5.000 et 9.000 F le kg) qu'une denrée alimentaire de première nécessité.

En fait, Monsieur Arakino, qui se présente comme un simple citoyen mangeur de tortue pour la nécessité est en fait un militant politique actif et très loin d'être dans le besoin ou avec des problèmes d'approvisionnement en nourriture.
 
Dans ces conditions, le débat que réclament les mangeurs et les pêcheurs de tortues ressemble plutôt à lobbying d'une minorité aisée pour faire passer une réglementation en leur faveur.
Mais cette minorité pourrait bien avoir gain de cause en ralliant des élus prêts à les soutenir pour avoir leurs voix. Le conseil des ministres n'a-t-il pas donné un avis favorable ? (voir article des Nouvelles du 27 octobre)


Le "porte-parole" des braconniers, Michel Arakino, est l'un des vices-présidents
du parti de Sandra Levy-Agami, Te Mana Toa.
Photo: Claude Jacques, Tahiti Presse

Cette situation inquiète les défenseurs des tortues, certes très majoritaires mais peu organisés et peu soutenus par les élus. Comme le dit Quito Braun Ortega: "Nous, les défenseurs des tortues marines, aurions intérêt à nous structurer très rapidement pour ne parler que d'une seule voix...!"

UN PLAN "VIGI-TORTUE"

P.S.  René Taputu, "gardien" l’île de Scilly célèbre pour ses sites de ponte : “Vous déployez encore des lois, mais ce n’est que du bla-bla. Moi, la protection des tortues n’est pas sur le bout de mes lèvres, elle est dans ma vie. Donnez-moi un appareil photo et je fournis aux douanes tous les braconniers de Scilly. Arrêtez de parler de protection si vous n’êtes pas capables de la faire, et donnez-moi plutôt des moyens !”  (extrait de l'article des Nouvelles cité plus haut)

Le gouvernement même s'il en avait la volonté, ce qui n'a pas sûr, n'a pas les moyens de luter contre le braconnage. Mais si les citoyens proches des lieus de pontes étaient impliqués dans un programme de vigilance ? Il pourraient par exemple signaler des actes de braconnage ou des cas de tortues en danger pour diverses raisons...

Le sondage de la semaine: Pour ou contre un plan "vigi-tortue" impliquant les citoyens ?

Résultats du sondage:

- "Plutôt pour" un plan vigi-tortue" impliquant les citoyens: 90%
- "Plutôt contre": 10%

Sondage du 28 décembre au 4 janvier 2010. Nombre de votants: 21.

8 commentaires:

Phil a dit…

Les trois partisans actifs de la reprise de la pêche à la tortue, Christophe Giraud (Direction de l'Environnement), Jules Ien Fa (ministre démissionnaire de l'environnement) et Michel Arakino (vice-président du parti de S. L.-Agamy) étaient tous les trois suppléants sur la liste du To Tatou Aia.

Anonyme a dit…

Oui...ah le hasard qd meme!!

Mimi mato a dit…

Michel Arakino EST un lobbyiste des trafiquants.

Il est aussi un ex-travailleur du nucléaire membre de Moruroa e tatou ayant été au Sénat à Paris pour en parler : http://www.moruroa.org/medias/pdf/Essais%20nucl%C3%A9aire%20et%20sante%202002.pdf

Il est également aux manettes pour capter ce qu'il peut des 7 milliards de la réhabilitation de Hao puisqu'il est le président de de l’association Taatira no te Faahotu ia Hao :
http://www.ladepeche.pf/iles/societe/7750-7-milliards-en-7-ans-pour-rehabiliter-latoll.html

Il s'est activement compromis avec Giraud, Ienfa, Agami, Tanseau, etc, depuis longtemps. Il EST un politique, un troisième couteau, cf. les suppléants des IDV ici : http://www.rautahi-be.org/article-7332194.html

Donc c'est bien une attaque en règle des petits - vraiment petits - politiques contre le honu et pour faire du fric.

Qu'on se le dise et qu'on le dise !!

HONU TABU !

Phil a dit…

JT de TNTV a présenté Arakino comme le pauvre pêcheur Paumotu, qui n'a rien d'autre à manger et est victime de la justice coloniale, lui et ses "frères", injustement emprisonnés.... frères qu'il va aller saluer a leur sortie de prison, pour les 2 premiers.... là où il nous invite a aller débattre...
Tu vois le piège....
Ce car il est certain que TNTV y sera.

Commentaire reçu par message perso.

Phil a dit…

Une tortue vivante qu'on pourra montrer aux touristes rapportera mille fois plus d'argent qu'un cadavre débité en steaks...
Commentaire d'un lecteur de La Dépêche

Phil a dit…

"Au fur et à mesure que les saisons et les années s'écoulent, le nombre de tortues diminue en Polynésie française mais également dans l'ensemble des DOM-TOM" affirme la biologiste Anne Gouni, membre de l'association "Te Honu Tea", présidée par le vétérinaire Christophe Giraud. (...)
"Nous enregistrons une hausse de la consommation de tortue dans les archipels. Au marché noir, le kilo de chair de tortue vaut 10 000 Fcfp (84 euros environ). Ainsi, une tortue peut rapporter au braconnier jusqu'à un million Fcfp (8 380 euros environ) alors que la peine encourue n'est pas assez dissuasive" explique la biologiste Anne Gouni.
Par ailleurs, la consommation de tortue marine n'est pas sans risque, comme l'a souligné le médecin Stéphane Brodin dans une étude publiée en 1992. La tortue à écailles est impliquée dans 64% des cas d'intoxication, la tortue verte étant la deuxième espèce en cause. La forme grave de l'intoxication peut aller jusqu'à l'hospitalisation en unité de réanimation, puis au coma, et à la mort, dont les enfants sont malheureusement souvent les victimes.
Extrait d'un article de Tahiti Presse publié le 14 novembre 2003

Phil a dit…

"Au fur et à mesure que les saisons et les années s'écoulent, le nombre de tortues diminue en Polynésie française mais également dans l'ensemble des DOM-TOM" affirme la biologiste Anne Gouni, membre de l'association "Te Honu Tea", présidée par le vétérinaire Christophe Giraud*. (...)

UNE TORTUE PEUT RAPPORTER UN MILLION
"Nous enregistrons une hausse de la consommation de tortue dans les archipels. Au marché noir, le kilo de chair de tortue vaut 10 000 Fcfp (84 euros environ). Ainsi, une tortue peut rapporter au braconnier jusqu'à un million Fcfp (8 380 euros environ) alors que la peine encourue n'est pas assez dissuasive" explique la biologiste Anne Gouni.

CAUSE D'INTOXICATION PARFOIS MORTELLES
Par ailleurs, la consommation de tortue marine n'est pas sans risque, comme l'a souligné le médecin Stéphane Brodin dans une étude publiée en 1992. La tortue à écailles est impliquée dans 64% des cas d'intoxication, la tortue verte étant la deuxième espèce en cause. La forme grave de l'intoxication peut aller jusqu'à l'hospitalisation en unité de réanimation, puis au coma, et à la mort, dont les enfants sont malheureusement souvent les victimes.

Extrait d'un article de Tahiti Presse publié le 14 novembre 2003

* Christophe Giraud, directeur de la DIREN de Polynésie française partisan de la reprise de la pêche à la tortue

toerau a dit…

stop a massacre des bovins et pour l'élevage des tortues

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