samedi 4 décembre 2010

Île de Pâques: Les militaires chiliens tirent sur des manifestants Rapanui revendiquant des terres "ancestrales"

Manifestants rapanui contre militaires chiliens

Les militaires chiliens ont violemment délogé des manifestants pascuans qui occupaient des terrains qu'ils revendiquent comme "ancestraux". Ces évènements n'ont pas été commentés par les grands media internationaux de langue française ni anglaise, à ce jour.
D'après la presse en espagnol, soixante-dix personnes, représentant les principales familles rapanui, ont occupé plusieurs terrains classés "fiscal" (domaniaux), c'est à dire n'ayant pas de propriétaire, donc appartenant au domaine public. Leur revendication: la restitution des terres "ancestrales" qui, selon eux, appartiennent aux familles rapanui. En réponse à ces actions qui ont débuté en juillet, la justice chilienne a donné gain de cause à certaines familles, mais pas à toutes; d'où les mécontentements. Ces problèmes de terres durent depuis des décennies et semblent aussi complexes et épineux qu'en Polynésie. Le gouvernement chilien a envoyé les troupes pour déloger les manifestants des terrains occupés illégalement. Il s'en est suivi un échange de pierres contre fusils à balles en caoutchouc. Plusieurs blessés, dont un gravement.

Les militaires ont tiré des balles en caoutchouc sur les manifestants.

Le Chili a été une dictature militaire jusqu'en 1990. C'est maintenant une démocratie mais les vieux réflexes de répression violente ont la vie dure.

La population d'origine polynésienne sur l'Île de Pâques n'est que d'un peu plus de 2.000 personnes, dont une partie d'origine tahitienne.

Lors du recensement chilien de 2002, 4647 personnes se sont déclarées « Rapanui ». 49% (2269) vivaient sur l'Île de Pâques et 51% (2416) au Chili continental. Ces chiffres ne semblent pas tenir compte des Rapanuis vivant hors du Chili (Polynésie française, Nouvelle-Zélande, continent américain, etc.). La population de l'île était également composée de 1500 autres habitants (chiliens et autres nationalités), soit un total de 3769 habitants sur l'île en 2002 – chiffre qui est aujourd'hui dépassé (8 ans après ce recensement, on parle de 4000 à 5000 habitants sur l'île).

Parmi les Rapanui actuels, bon nombre sont d'origine tahitienne. La faible proportion de Pascuans de souche s'explique par une déportation massive au XIXe siècle. En 1862, les Péruviens qui avaient besoin de main d'oeuvre pour leurs mines de guano ont déporté entre 1000 et 1500 Rapanui (pratiquement la moitié de la population de l'époque) comme esclaves. 90% n'en sont jamais revenu.

70 manifestants rapanui ont occupé plusieurs terrains classés "domaniaux" par l'administration chilienne. Ils en revendiquent la propriété.

Page FB sur la revendication des terres Rapanui (en espagnol) "La Isla de Pascua no esta a venda" (l'Île de Pâques n'est pas à vendre):
http://www.facebook.com/pages/Isla-de-Pascua-no-esta-en-venta/137726519599975

Article sur la lutte sociale à Rapa Nui (en français): http://www.critique-sociale.info/index.php/histoire/111-les-luttes-sociales-sur-lile-de-paques

1 commentaires:

Miri a dit…

mon soutien total aux cousins de Rapa Nui.

Décidement, je pensais que la france avait le privilège de l'illogique, non-sens; apparemment pas

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