dimanche 5 décembre 2010

Pour comprendre la révolte des Pascuans

Les Pascuans se sentent dépassés par cette société moderne sur laquelle ils n'ont aucun contrôle.

Des éléments pour comprendre le malaise et la révolte des Pascuans qui se manifeste ces jours-ci sur l'île de Pâques.

UNE HISTOIRE QUI COMMENCE MAL...

Les navigateurs européens effectuant des séjours sur l'île y introduisirent des maladies infectieuses inconnues des Pascuans, ce qui entraîna des épidémies à partir de 1836, suivies de mortalités massives, sans oublier les guerres claniques ou tribales qui réduisirent encore la population.

Une vision idyllique de Rapanui avant l'arrivée des Européens


POPULATION DECIMEE

En 1862-1863, une vingtaine de navires conduits par des trafiquants péruviens enlevèrent environ 1500 Pascuans, soit la moitié de la population survivante, afin de servir d'esclaves dans les mines du Pérou. La majorité des Pascuans mourut en captivité. En raison de la pression internationale, le Pérou consentit à rapatrier une centaine de prisonniers sur l'île de Pâques, mais 85 périrent au cours du voyage. Quant à la quinzaine de survivants, ils contaminèrent la population de l'île par la petite vérole et la tuberculose.
En 1872, il ne restait plus que 111 Pascuans sur l'île de Pâques.

LA LOI DIT QUE LES TERRES APPARTIENNENT AUX PASCUANS

Le 9 septembre 1888, le capitaine chilien Policarpo Toro et l'ariki (roi) pascuan Atamu Te Kena officialisèrent la souveraineté de l’île à l’État chilien. Par cet accord dit «Accord des volontés» (Acuerdo de Voluntades), les insulaires cédaient leur souveraineté sur l'île, mais maintenaient leur doit de propriété sur les terres.

Loi chilienne reconnait que les terres de l'île appartiennent aux Pascuans; elle interdit de vendre ces terres à des étrangers, y compris aux Chiliens continentaux. Néanmoins, les militaires n'ont pas toujours respecté la loi chilienne en matière de propriété des terres. Les Pascuans ont alors commencé à réclamer leur autonomie.


L'île de 5.000 habitants n'est pas organisée pour recevoir les 70.000 touristes annuels.


LES PASCUANS SE SENTENT ENVAHIS

Les Pascuans sont aujourd'hui très inquiets en raison de la montée considérable des touristes sur leur petite île de moins de 5.000 habitants, qui reçoit maintenant plus de 70.000 visiteurs annuellement attirés par ses plages, ses paysages volcaniques et, bien sûr, ses emblématiques statues géantes de pierre, les moaïs. Les conséquences de la montée du tourisme de masse pour les Pascuans et l'environnement dans l'île sont considérables. Des centaines de Chiliens sont venus récemment s'installer sur l'île et accaparer les emplois les plus rémunérateurs; l'île compte maintenant quelque 3.000 voitures. Les sites d'enfouissement ne suffisent plus à la tâche, ce qui transforme l'île en une poubelle à ciel ouvert. Enfin, le gouvernement chilien n'aurait rien fait pour protéger les célèbres statues et les sites, qui se dégradent progressivement, alors que le très fragile écosystème de l'île est menacé et que la délinquance juvénile est en augmentation constante.

TOUT SE DECIDE A SANTIAGO

Selon un rapport remis au gouvernement chilien, l'île de Pâques ne pourrait accueillir que 10.000 touristes par an. C'est pourquoi les Pascuans réclament un «conseil migratoire» avec des quotas de touristes et de travailleurs résidants, sur le modèle des mesures mises en place par l'Équateur aux îles Galapagos. Malheureusement, le gouvernement chilien ne semble pas avoir développé une quelconque compréhension pour les requêtes des Pascuans qui désirent contrôler ce qui leur appartient. Tout se décide à Santiago, alors que la plupart des fonctionnaires n'ont jamais visité l'île.
Un projet de statut d'autonomie est parait-il à l'étude depuis quelques années mais pour le moment, rien de concret n'en est sorti...


Les Polynésiens de diverses nationalités cherchent de plus en plus à affirmer leur identité commune. Ici, une délégation de Rapanui au Festival de Ua Pou (Marquises) en 2007.


Capitale de l'île de Pâques: Hanga Roa
Population: 4413 habitants (2005)
Langue officielle: espagnol
Groupe majoritaire: espagnol (env. 80 %)
Groupes minoritaires: rapanui (env. 20 %)
Système politique: département de la région de Valparaíso (Chili)

Infos mises à jour au 13 sept. 2009

Source: http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/pacifique/paques_ile.htm

1 commentaires:

Phil a dit…

Les revendications des Rapa Nui

Le première et la plus importante de ces revendications est la restitution des terres par le Chili aux Pascuans. Ces derniers veulent avec une farouche énergie que soit reconnu leur droit fondamental de premiers occupants et de pays colonisé par la force.

Ils veulent également avoir la maîtrise sur l’immigration et l’installation à Rapa Nui de toute personne non originaire de l’île.

Ils veulent enfin que les ressources de l’île rapportent directement à la population et non à des investisseurs étrangers, voire chiliens.

Au fond, ils veulent tout simplement pouvoir diriger démocratiquement un pays qui est le leur depuis toujours.

Mais il est une autre revendication qui s’exprime de manière plus ou moins virulente périodiquement au sein de la population pascuane, c’est celle qui concerne l’autodétermination et le rattachement à l’Etat chilien. (...) nombreux sont les Pascuans qui souhaiteraient se séparer du Chili pour être intégrés à la République française avec un statut comparable à celui de la Polynésie française.

Extrait d'un article de Julien Gué
Violences à l'île de Pâques, la population se bat pour sa survie

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