mardi 8 mars 2011

Comment faire cesser ce jeu politique



Quand les hommes politiques sont au pouvoir, ils ne parlent jamais de dissolution, il faut « de la confiance et de la stabilité », il faut « travailler ensemble pour le pays », bla-bla-bla. Par contre dès qu’ils ne sont plus au gouvernement, la dissolution redevient « une priorité » ; « la situation ne peut plus durer », ça devient « intolérable, inacceptable », n’importe quoi pour revenir aux commandes. Et c’est valable pour tous les partis qui ont alterné au pouvoir.

Donc, on va redissoudre et après on va revoter pour finalement se rendre compte que ce sont toujours les mêmes qui reviennent avec d’autres alliances improbables qui ne tiennent que le temps de se faire élire.

Mais pourquoi est-ce qu’il n’y en a pas un pour racheter l’autre ? Pourquoi est-ce qu'aucun d'entre eux ne nous inspire franchement confiance ? Et pourquoi est-ce qu’on ne voit pas apparaître cette relève qu'on espère quand même, sans trop y croire ? Tout simplement parce que les règles d’éthique nécessaires à une bonne gouvernance sont soit inexistentes soit allègrement ignorées.

Au lieu de critiquer, proposez autre chose !

Alors on nous dit « Hé bien au lieu de critiquer, proposez autre chose ! »
Les solutions existent et on peut juger de leur efficacité dans plusieurs pays. Malheureusement, la France ne fait pas partie des premiers de la classe en matière de bonne gouvernance et d’incorruptibilité. Selon Transparence Internationale, l’organisme qui classe les pays selon leur degré de corruption, les dix pays les plus « transparents » sont, pour l’année 2010, dans l’ordre : le Danemark, la Nouvelle Zélande, Singapour, la Finlande, la Suède, le Canada, les Pays-Bas, l’Australie, la Suisse et la Norvège. Les Etats-Unis arrivent en 22e position et la France en 25e.
Qu’est-ce qu’il faudrait changer ici pour améliorer la situation ? Je ne dis pas pour faire partie du top 10, juste pour rétablir la confiance entre la population et les élus ?
Sans vouloir être trop ambitieux, on pourrait s’inspirer du dixième de la classe : la Norvège.

Pourquoi les Norvégiens peuvent avoir confiance en leurs élus ?

FRANCE 2 a publié récemment une enquête sur « la transparence du monde politique en Norvège ». Nous en présentons les grandes lignes. Un parti polynésien aura-t-il le courage d’adopter l’esprit et quelques règles de conduite de cette gouvernance transparente, intègre et ayant la confiance de la population ?


Transparence politique en Norvege
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En Norvège, on ne badine pas avec l’argent public. La transparence financière est un dogme, la corruption des élus, péché capital.
La juge franco-norvégienne Eva Joly travaille depuis cinq ans à Oslo. Elle explique que pour se déplacer les élus sont sensés prendre « le moyen le moins cher et le plus rapide compatible avec la mission », ce qui veut dire souvent marcher à pied ou prendre les transports en commun. S’ils veulent prendre un taxi, ils se le paient.

« C’est un garde-fou très efficace et qui évite tout dérapage. Je pense qu’en France on a vraiment vu ce que cela donne quand il n’y a pas de contrôle. Et aujourd’hui on trouve [en France] un état de mépris du politique qui est beaucoup dû à tous les excès non réprimés, non constatés même. »

« Si on dépasse cette somme, on doit le payer de notre poche. »

En France, élus et ministres disposent d’une enveloppe pour leurs frais quotidiens, sans justificatifs. En Norvège, c’est l’inverse ; ils doivent tout avancer et ne sont remboursés que sur factures.
« Il y a une limite chaque jour pour hôtel, repas, couverts, et si on dépasse cette somme, on doit le payer de notre poche. » explique le ministre des affaires étrangères norvégien. Le forfait autorisé est serré : 50 Euros pour deux repas, 120 Euros la nuit d’hôtel.

« Ca donne à la fin une crédibilité à la politique qu’on essaie de mener.»

« Il ne faut pas croire que parce qu’on est ministre on est différent. On contraire, il faut être proche de cette vie que tout le monde vit. Parce que ça donne à la fin une crédibilité à la politique qu’on essaie de mener.»

La transparence de l’administration est une obligation légale.

 Ces fameux justificatifs sont archivés, accessibles en permanence à n’importe quel citoyen, n’importe quel journaliste. La transparence de l’administration est une obligation légale.

Anne Hafstad, la seule journaliste à avoir reçu deux fois le prix Albert Londres norvégien qui récompense les grands reporters, conclut :
« Nous avons fait beaucoup d’enquêtes, et nous avons révélé des affaires de corruption. Nous n’aurions pas pu le faire sans ces registres. Si vous voulez vraiment une société ouverte et démocratique et si vous voulez réellement vaincre la corruption, vous devez au moins offrir cette possibilité aux journalistes. »

Source: une enquête de FRANCE 2 sur « la transparence du monde politique en Norvège »

8 commentaires:

Phil a dit…

Skippy le GrandGourou a dit: Brad, la solution? Regarde ce qu'il s'est passé à Mahina. Il a fait aucun pacte avec les anciens groupes politique...et la population a eu l'intelligence de voter pour lui parce qu'il on en eu marre de tout ce cirque. Je vous dis le prochain candidat qu'il n'as pas appartenu à tel ou tel groupe aura toutes ses chances de gagner!
Comm. lu sur Tahiti Herald Tribune

Phil a dit…

N'oublions pas quand même la leçon de 2008 quand Flosse a volé la victoire de GTS en s'alliant avec les indépendantistes... Ca pourrait bien se reproduire pour se débarrasser d'un nouveau parti porteur d'espoir...

Phil a dit…

Pourquoi nous n'avons pas confiance en nos élus? Parce qu'ils ont trop de privilèges, parce qu'ils sont enfermés dans leur bulle climatisée, parce que leurs tractactions, leurs alliances, leurs dépenses ne sont pas transparentes, parce que l'impunité reste la règle générale, parce qu'aucun d'eux ne propose de mesures concrètes pour en finir avec cet esprit et ces pratiques.

La confiance dans nos élus ne reviendra pas sans:

- réduction des privilèges et dépenses des élus

- transparence des dépenses des élus et de l'administration (libre accès aux registres par les citoyens, notamment les journalistes)

J'invite les leaders politiques à prendre position clairement sur ces points.

Il ne suffit pas de dire "ça suffit!" (tout les partis le disent) ou bien "avec moi ce sera mieux". Ecrivez noir sur blanc les mesures concrètes précises que vous proposez de mettre en place en ces domaines.

Anonyme a dit…

http://www.monde-diplomatique.fr/2010/06/NILSEN/19207

En Norvège, proximité, transparence et... naïveté

Existe-t-il des paradis démocratiques au Nord ? L’exemple norvégien montre tout le bénéfice que l’on peut tirer d’une transparence des relations entre argent et politique, même si celle-ci ne résout pas tout.
Par Remi Nilsen

Phil a dit…

dans ton article, j'ai surtout aimé ces deux trucs:
Le roi, faut pas qu'il la ramène trop !
« Le Norvégien est une personne modérée. Sa relation avec Dieu ressemble à sa relation avec le roi. Il pense que Dieu (et le roi), c’est assez bien, à condition qu’il se comporte comme il faut et qu’il ne la ramène pas trop. »

La parole donnée compte plus que tout
« Aucun plafond n’est fixé pour les sommes que reçoivent les partis et leurs représentants à l’occasion des campagnes électorales, pas plus qu’il n’y a de mécanisme, à l’instar de ce qui existe en France, pour contrôler l’argent dépensé. Un tel contrôle enfreindrait la tradition : la parole donnée compte plus que tout.»

Extraits de l'article du Monde Diplomatique cité plus haut.

Phil a dit…

QBO: qui est réellement le plus coupable… ?
Le président ultra minoritaire qui s’arc-boute et qui défend bec et ongles sa fonction de président et sa minorité, et surtout qui ne veut pas démissionner… ?
Ou bien alors les 44 représentants, qui sont ultra majoritaires au sein de l’APF (44 sur 57) et qui détiennent depuis déjà un certain temps tous les pouvoirs pour démettre le président Tong Sang de ses fonctions de président de la Polynésie française… ?
Comm. lu sur Tahiti-Infos

Mimi mato a dit…

Tu sais, Phil, la transparence et l'honnêteté sont un minimum incontournable, ok, mais ça ne peut pas suffire :
Quelle confiance peut-on donner à une/un quelconque élu/e, aussi propre soit-elle/il au départ, tant qu'il existe un 3e tour entre eux pour bidouiller les résultats à leur convenance et sur notre dos, quelle confiance à part aucune ?
Je ne vois pas et c'est parce que c'est impossible que je revendique/défend l'idée de l'élection du président au suffrage universel et - donc - l'abolition du 3e tour.
Tu vois mieux ?

Phil a dit…

Effectivement, Mimi, ça résoudrait ce gros problème de "3e tour". Ca n'empêcherait pas des alliances et des renversements ensuite mais au moins on commencerait avec le président pour lequel on a voté !

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