lundi 18 avril 2011

"Procès du siècle": Combien de temps Flosse pourra encore repousser la sentence



Gaston Flosse est accusé d’avoir organisé un système d’emplois fictifs, essentiellement au bénéfice de son parti, le Tahoeraa Huiraatira, à l’époque où il était président de la Polynésie française.
Le procès qui dure depuis 15 ans est sans cesse reporté par des recours. A l'audience d'hier, lundi, l'avocat du sénateur, Me Quinquis, a encore présenté des recours. Si l'un d'eux est recevable, le procès sera encore reporté. Le tribunal se prononcera demain à 14h00.
Avec 87 prévenus et 37 avocats, ce procès est le plus important qu’ait connu la Polynésie française.
Parmi les prévenus figurent, outre Gaston Flosse, les deux députés de Polynésie française, Michel Buillard et Bruno Sandras, mais aussi plusieurs maires, représentants à l’assemblée locale ou syndicalistes.

Tahitipresse : ''En tant qu'avocat du Pays, qu'attendez-vous de ce procès ?

Me Ralph Boussier : ''J'attends d'abord que l'on mette une fois pour toute, sur la table, au travers de vos organes de presse, au travers de l'audience, le mécanisme qui a été manifestement un mécanisme redoutable pendant des dizaines d'années à l'instar de monsieur Flosse. Et ce mécanisme s'est développé auprès d'une foule de personnes. Dans le dossier, au début, il y avait plus de 600 personnes. Vous imaginez, en terme de clientèlisme et en terme électoral, à chaque fois que vous donnez un contrat à quelqu'un, celui-là va dire à ses deux voisins: il est 'vachement sympa' le président, il m'a donné un contrat ! Aux prochaines élections, vous votez pour qui ? Le problème des emplois fictifs - on pourrait en sourire - mais c'est un problème de démocratie. C'est très grave !''...
"Et j'espère que c'est un point final à un vieux système''.

3 commentaires:

Phil a dit…

Les deux QPC (recours) déposées lundi, par l'avocat de Flosse ont été rejetées mardi par les juges à la réouverture de l’audience. Me Quinquis en a ajouté aussitôt deux autres que le tribunal a aussi rejetées !
Pour l’avocat de la partie civile, Me Boussier, l’explication est plus simple : ces QPC sont simplement « surréalistes », et ne visent qu’à retarder le début du procès. « Ce sont les méthodes qu’on utilise dans les procès de la mafia et du grand banditisme, et je regrette ce tir de barrage qui empêche de rentrer dans la partie dure du dossier ».

Les questions de forme ayant été rejetées, les juge vont donc pouvoir s’attaquer dès demain au fond du dossier: le "système Flosse" des emplois fictifs.

Phil a dit…

Témoignage d'Alexis Guilloux, bénéficiaire d'un des emplois fictifs: « Mon rôle consistait à monter des sections du Tahoeraa à Faa’a », je faisais du porte à porte pour faire signer des contrats d’adhésion au Tahoeraa Huiraatira »

Phil a dit…

Autre procès mêmes méthodes: Le maire de Makemo, ancien représentant à l'Assemblée de Polynésie française, Michel Yip, a été condamné en appel pour détournement de fonds publics à six mois de prison avec sursis et un an d'interdiction de droits civils. Alors qu'il était président de la commission permanente de l'Assemblée il avait engagé sa compagne comme directrice de cabinet. Cette dernière a été condamnée à une amende de 6 millions Fcfp.

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