dimanche 24 avril 2011

Sabrina siègera : « Je vais demander à chaque élu s’il accepte que ses indemnités et privilèges soient diminués »

Sabrina remonte dans la pirogue mais les "rameurs" n'aimeront
peut-être pas ce qu'elle a à leur dire.

Des éléments de ce dessin ont été empruntés à des tableaux de Sabrina et de Bobby.

Sabrina Birk qui avait annoncé son retrait de la politique a finalement décidé de siéger à l’Assemblée. La vague de soutien qui a suivi sa démission l’a convaincue d’aller au bout de sa croisade contre le clientélisme et autres dérives au sein de l'hémicycle.

Sabrina nous explique sans détour pourquoi elle "revient dans la pirogue", et comment elle veut "changer les choses de l'intérieur". Ses propositions fortes plairont à la population qui réclame une moralisation de la classe politique ; pour les élus, c’est un pavé dans la marre qui peut changer la donne…

« Il faut faire émerger une majorité sincère et exemplaire. »

TR : Qu'est-ce qui doit changer selon toi ?

Sabrina : « Il faut plus d'honnêteté. Au-delà des idéologies, les gens m'abordent dans la rue pour me féliciter. Pas seulement des indépendantistes mais des autonomistes aussi se disent d'accord avec moi qu'il faut une base d'honnêteté pour pouvoir sortir de la crise. Au commencement, le mouvement indépendantiste était un mouvement humain, soucieux de la population. On a perdu ça. C'est pour ça je dis qu'il faut revenir à nos valeurs: sincérité, compassion, humanisme. Et ce retour aux valeurs demande des sacrifices. Sacrifier les privilèges, sacrifier les compromis du clientélisme. Il n'y a pas de liberté sans sacrifice. Ceux qui ne voudront pas faire ces sacrifices - les gourmands - sont ceux qui ne sont pas sincères. Il faut faire émerger une majorité sincère et exemplaire. »

Sur le site de l'Assemblée, Sabrina fait parti du groupe des représentants "non-inscrits"

« Je vais reverser mes indemnités à une association de protection des enfants »

TR: Concrètement comment est-ce que ça va se traduire ?

Sabrina: « J'ai deux priorités: la diminution des privilèges et des indemnités des élus et la mise en place de la commission de surendettement.

Des journalistes m'ont accusée de vouloir revenir à l'Assemblée pour l'argent ! Ils auraient dû me poser la question et je leur aurais dit que je vais reverser mes indemnités à une association de protection des enfants, sans doute "Enfants du Fenua".

« Il faut réduire le budget de l’APF et redistribuer à la santé, l’éducation, la culture… »

L'assemblée a besoin de réduire le budget consacré à "l'entretien" des élus, et pour cela ils doivent montrer l'exemple. Ils ont 168 collaborateurs au total. Il y a beaucoup d' « embauche sociale », clientéliste, c'est pas le rôle de l'assemblée de faire du social. Le budget de fonctionnement de l'Assemblée est de près de deux milliards. Il faut le réduire pour redistribuer  dans les services qui ont besoin, la santé, l'éducation, la culture etc. En effet, dans le dernier budget de nombreux services ont vu le budget de fonctionnement réduit... imposant des baisses de salaires voire des licenciements...

« Les gens endettés ne peuvent pas rebondir; on les tue ! »

Pour ce qui est du problème du surendettement des ménages, nous sommes la seule collectivité de l'ensemble français qui ne bénéficie pas d'une commission de surendettement pour protéger les familles. Les banques n'accordent aucun sursis. Les gens ne peuvent pas rebondir; on les tue ! Ce projet de commission est prêt depuis des années mais ça ne passe pas, je pense parce que les banques ont un réseau d'influence sur le politique. Il faut absolument mettre ça en place, car cela permettra aux personnes licenciées ou victimes d'une situation de force majeure, divorce, décès, etc. de bénéficier d'un sursis sur le paiement des traites, le temps de trouver un autre travail et sans être pénalisés par des agios exorbitants...

Les élus doivent se préoccuper davantage des petits ; en sacrifiant leurs privilèges, ils seraient exemplaires.

Sans cette base d'honnêteté et d'humanisme, on ne peut rien construire.


Anthony Geros ayant été promu vice-président, sa suivante de liste UPLD,
Sabrina, devient représentant.

« Le jour où nous aurons l'indépendance, sans honnêteté on risque de déraper dans une dictature. »

Aujourd'hui nous sommes au sein de la France. Nous sommes protégés par les droits de l'homme, un garde fou en quelque sorte. Mais le jour où nous aurons l'indépendance, il faut que ces valeurs d'honnêteté existent chez nos dirigeants, que nous dépassions nos complexes matérialistes, que nous acquerrions de la maturité dans nos comportements  sinon on risque de déraper dans une dictature. »

« Je vais rencontrer chaque élu et je serai  fixée sur leur sincérité, et la population aussi »

TR: Tu avais dit que tu voulais maintenant te consacrer à ta famille, que tu voulais du temps pour toi...

Sabrina: « Oui, c'est vrai que je ne suis pas heureuse dans ce monde de la politique. Ca ne me ressemble pas. Mais on m'incite à aller au bout de ma démarche, de rencontrer chaque élu, et de lui donner la possibilité de s'exprimer sur ce sujet, un travail démocratique, qui aura l'avantage non pas de généraliser mon idée de la politique, mais de faire ressortir un résultat : une reforme sur les privilèges, les indemnités. On verra clairement quels élus l’adoptent et quels élus le rejettent... Alors, je serai fixée sur la sincérité des élus, et la population aussi.
Ensuite, je retournerai chez moi faire ce qui me rend heureuse: m'occuper de ma fille et faire de la peinture. »

Sabrina dans son fare-atelier de peinture à Taravao, avec sa fille.

11 commentaires:

Phil a dit…

Le camp indépendantiste avait jusqu'à ces dernières années une image de gens relativement sincères et intègres. Sabrina a dénoncé des dérives récentes, des compromissions clientélistes pour faire des majorité contre-nature et donc fragiles. Les élus indépendantistes sont conscients de ces faits, et certains les déplorent et souhaiteraient sans doute retrouver l'image intègre d'antan. Par ailleurs, il existe aussi chez les autonomistes des personnes qui aspirent à cette intégrité. Si la revendication de souveraineté était repoussé à 20 ans d'ici, et que l'objectif soit la mise en place d'une indépendance ECONOMIQUE croissante, alors une alliance pourrait être envisageable entre les élus pro-intégrité des deux bords.

Charlie a dit…

Je voudrais simplement rappeler, à maintes reprises sur le site de RadioCocotier à l'époque, celui des Nouvelles, ou ailleurs, les appels successifs, lancés à nos élus, de tous bords, qui sont un peu (encore) "responsables et raisonnables" :

http://www.tahitiradiococotier.com/dotclear/index.php?2009/12/19/599-l-appel-du-18-decembre

Cette prise de conscience, cette révolte des élus responsables, est une nécessité !
C'est à eux d'avoir la force, le courage et l'exigence de dire non aux tractations, et non aux "gourmands", comme les appelle Sabrina.
C'est à eux aujourd'hui de peser de tout leur poids dans la balance.
C'est à eux d'avoir une véritable loyauté, celle qu'ils doivent à leur Pays et à la population.

Parahi,
Charlie

Phil a dit…

Je me suis régalé en lisant ton comm, Charlie ! Enfin quelqu'un qui croit en la force de la vérité ! C'est vrai que la situation semble désespérée mais je crois, moi, que l'exemple d'une petite Sabrina, peut ébranler des années d'inertie vénale... On verra bien...

Mimi mato a dit…

A condition qu'elle ait les fameux 97% de fiu derrière elle, sinon ...

hans a dit…

Si tu atteinds ton objectif, déposes ta candidature pour Président de la PF : à mon avis, tu auras énormément de soutien mais par contre, tu te feras bouffer de tous les côtés donc, faut avoir les nerfs solides...! Sinon, bel exemple en espérant qu'ils t'écouteront...! Je dis BRAVO, enfin une voix pour le peuple !

Anonyme a dit…

A la démissionnaire non-démissionnaire Sabrina:

"mettre en place une commission de surendettement qui existe dans toutes les collectivités de France sauf en Polynésie. Cette commission permettrait à ceux qui viennent de perdre leur emploi, de bénéficier..."

Sabrina, çà s'appelle le RSA.

Vois le document en pdf sur le site ci-après et tu verras que pour le ministère de la "justice", ta Polynésie "française" (tu es représentante ou ersatz de représentante de "la Polynésie française", est un département du pays appelé "France".

Voici l'article s'y rapportant:
http://kevai.wordpress.com/2011/03/23/pom-ou-departement-au-royaume-de-la-confusion

Et voici le lien direct du document:
http://kevai.files.wordpress.com/2011/03/09-7367-3301-nuutania-sortie-2010-08-19-ras-sc3a9cu-billet-de-sortie-25-octobre-2004.jpg

Donc il ne s'agit pas de mettre en place une "commission" mais d'appliquer dès aujourd'hui et avec effet rétroactif ce à quoi les polynésiens français au passeport européen hors de l'espace Shengen ont tout simplement droit.

Pour çà il suffit de saisir les instances idoines. Foin de commission!

Avec Honneur

Le président de "la Polynésie française", des françaises et des français
René, Georges, HOFFER
Tél (689) 77 71 70
rollstahiti@gmail.com
Ecrou 3301P Prisonnier politique le 22 juin 2010 : 70 ans après une autre défaite historique. (22 juin 1940)
http://www.myspace.com/renehofferprdelapfsic

Phil a dit…

Cette baisse demandée des indemnités serait le symbole d'un virage vers la politique propre que la population demande. Ca sous-entend de renoncer à toutes les pratiques clientélistes et autres détournements de fonds bien sûr, car c'est là le vrai problème (pas les indemnités en elle-mêmes qui sont raisonnables pour un représentant qualifié et consciencieux... mais pour le moment, on est loin du compte).

Poe a dit…

Président René, je t'aime.....

<3

Anonyme a dit…

J'ai lu tous vos commentaires ...
J'ai une solution plus simple, réalisable juridiquement et générant énormément d'économies et de trésorerie pour la collectivité. En même temps, elle permet de se défaire de tous ces politiques corrompus (la plupart)et inutiles. Elle permet de résoudre l'absence d'un "sauveur" de la Polynésie qui de toute façon finirait lui-même par être corrompu car eh oui c'est le système (les institutions) qui corrompent l'élu en grande partie. Il faut savoir qu'une personne élue se pense intouchable au dessus des autres et des lois et par la-même représente une nuisance pour sa collectivité car sa situation provoque de l'injustice.
Il suffit de recueillir au moyen d'une pétition citoyenne (donc apolitique), la signature de tous les polynésiens désireux de revenir à l'essentiel c'est à dire à une gestion saine de la collectivité débarrassée d'institutions creuses et inutiles : POUR la suppression pure et simple des institutions que sont l'assemblée et le gouvernement et le retour à une administration directe par le haut-commissaire et les services.
Certes, avant que cette idée fasse son chemin, il faudra du temps mais n'attendez pas pour commencer à y réfléchir chers amis citoyens ...

Anonyme a dit…

Ben si il y a plus l'argent, il va pas en rester beaucoup ...

Phil a dit…

@ Anonyme 9: en fait ce que tu décris, c'est la départementalisation, non ?

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